
Date de publication: 17 septembre 2026 / Agriculture / Author : ATH Sokren
Fin août 2026, le Dr Hay Ly Eang, président-directeur général du groupe PPM-Confirel, a été invité comme conférencier à un séminaire organisé par l’Université de commerce ACLEDA sur le thème : « De l’innovation à la reconstruction : les leçons du parcours d’un fondateur khmer » (From Innovation to Reconstruction: Lessons from a Founder’s Journey).
Devant plus de trois cents étudiants, le Dr Hay Ly Eang est revenu sur plusieurs périodes de l’histoire du Cambodge, depuis le protectorat français jusqu’à la guerre civile qui a ravagé le pays entre 1970 et 1979, avant d’évoquer son propre retour au Cambodge dans les années 1990. Il souhaitait ainsi permettre aux jeunes générations de mieux comprendre l’histoire de leur pays et le contexte dans lequel s’est engagée sa reconstruction.
Le Dr Hay Ly Eang a notamment expliqué à ces trois cents jeunes étudiants que la présence et le développement de PPM aujourd’hui ne sont nullement le fruit du hasard.
Animé par la volonté de contribuer à restaurer l’indépendance pharmaceutique du Cambodge, il est revenu dans son pays en 1992, à une époque où celui-ci subissait encore les conséquences des sanctions économiques imposées par les grandes puissances et où la population cambodgienne, tout juste sortie de longues années de guerre, manquait de presque tout.
Dans ce contexte, il s’est d’abord efforcé, pendant plusieurs années, de collecter des médicaments à l’étranger afin de les acheminer vers la population cambodgienne par l’intermédiaire d’organisations humanitaires.
Mais les besoins en médicaments ne cessaient de croître. Lorsqu’une nouvelle possibilité s’est présentée, il a décidé de franchir une autre étape. En 1996, il crée l’entreprise pharmaceutique PPM, en réunissant notamment autour de lui les ressources humaines et les compétences qu’il connaissait et qui avaient survécu au régime des Khmers rouges.
La qualité, l’efficacité et le prix accessible de ses médicaments ont progressivement permis à PPM de pénétrer les marchés internationaux. L’aventure internationale commence en Guinée en 2000. L’entreprise conquiert ensuite progressivement des parts de marché dans les pays francophones d’Afrique.
PPM est aujourd’hui présente dans dix-huit pays africains et, selon les données présentées lors de la conférence, ses produits pharmaceutiques figurent dans le Top 10 parmi plus de six cents entreprises pharmaceutiques présentes sur les marchés africains.
« En 1996, en partant des connaissances que nous possédions et avec une orientation clairement définie — celle de contribuer à l’indépendance pharmaceutique du Cambodge —, nous avons fabriqué des médicaments qui ont obtenu une reconnaissance non seulement au Cambodge, mais également dans des pays africains dont la situation était comparable à celle de notre pays. Ce succès montre que nous pouvons le faire. Nous sommes capables de travailler et de coopérer avec les autres et c’est une fierté pour nous et pour notre pays », a-t-il souligné Dr Hay Ly Eang.
Il a également précisé que les trente années durant lesquelles PPM a su établir et consolider sa présence constituent une expérience et un enseignement incontestables : l’entreprise avance sur
la voie qu’elle a choisie et poursuit son développement avec une vision clairement définie pour son activité.
Après avoir retracé ce long parcours de PPM, le Dr Hay Ly Eang a également présenté sa vision de l’économie circulaire et du développement durable, qu’il met en œuvre depuis vingt-cinq ans à travers Confirel.
Cette entreprise de transformation agroalimentaire travaille à partir des ressources des campagnes cambodgiennes afin d’apporter davantage de valeur ajoutée aux produits des agriculteurs, d’améliorer leurs conditions économiques et leurs moyens de subsistance, mais aussi de contribuer à réduire l’écart entre les villes et les campagnes.
Dans cette démarche, le Dr Hay Ly Eang accorde une place centrale à la créativité et à l’innovation appliquées à chaque produit.
En 2001, Confirel commence ainsi à développer la transformation du sucre de palme, produit ancestral profondément associé à l’identité nationale cambodgienne.
Quatre ans plus tard, les produits à base de sucre de palme de Confirel obtiennent le Thnot d’Or lors du salon international Nat-Expo 2005, organisé en France.
Confirel s’engage ensuite dans la culture et la transformation du célèbre poivre de Kampot, produit emblématique du Cambodge bénéficiant d'une reconnaissance en Indication Géographique auprès de l’Union européenne et suscitant un intérêt et une appréciation croissants sur les marchés internationaux.
Plus récemment encore, Confirel s’est intéressée à un autre produit ancestral profondément enraciné dans la culture alimentaire cambodgienne : le prahok. L’entreprise l’a transformé en un prahok en poudre moderne et cette innovation a également obtenu une protection au titre de la propriété intellectuelle internationale.
« Avec la transformation de produits comme le sucre de palme, le poivre de Kampot, le prahok et d’autres encore, le monde nous reconnaît désormais, notamment la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et d’autres pays. Le marché existe donc déjà. Ce qu’il nous reste à faire, c’est trouver comment assurer une circulation fluide entre la production et le marché. C’est précisément là que se trouve votre rôle, à vous qui êtes ici et qui êtes presque tous de futurs professionnels du business : vous devez contribuer à développer ces activités et faire en sorte que nos produits soient davantage connus », a-t-il indiqué Dr Hay. En ajoutant qu’aujourd’hui, les étrangers connaissent Confirel grâce à nos produits transformés. À travers eux, ils découvrent notre identité, notre culture, notre histoire et notre capacité d’innovation. Et tout cela apporte de nombreux bénéfices à notre population comme à notre pays tout entier. »
Après avoir achevé sa conférence et répondu aux nombreuses questions posées par les étudiants présents, Dr Hay Ly Eang a adressé un dernier message aux jeunes générations. Il les a invités à retenir les enseignements qu’il a consignés dans ses deux ouvrages, « Au-delà des tempêtes cambodgiennes » et « L’Espoir d’un printemps », récemment publié, et à les associer aux
connaissances scientifiques qu’ils acquièrent. Mais, a-t-il insisté, la connaissance doit être mise en pratique pour produire des résultats concrets.
« L’argent ne tombe pas du ciel et il ne suffit pas d’aller le chercher chez l’un ou chez l’autre. L’argent naît d’un produit. Et lorsque nous parlons d’un dollar, nous devons savoir d’où vient ce dollar et ce qu’il a permis de créer. Il existe tout un cycle autour de lui. Voilà le message que je vous souhaite à transmettre : nos ancêtres nous ont légué un patrimoine immense. Nous devons participer à sa préservation, mais aussi continuer à le développer et à l’enrichir. », a souhaité ;e Dr Hay Ly Eang.